Rectitude... Selon Mencius

Hajimemashite. Dôzo Yoroshiku. Je suis kendoka au Yuraï Jin Sei Ryu... J'ai fait du Bushidô ma voie & j'essaye de vivre au jour le jour suivant son enseignement! Je n'impose à personne de suivre mon ascèse...







Kaizen prend ses racines dans la fidélité & dans la sincérité de son engagement envers les valeurs du Bushidô. L'amélioration est aussi une extension de la modestie, cette valeur nous encourage à nous remettre constamment en question et nous incite chaque jour passé sur cette Terre à devenir un homme meilleur. Que cette évolution soit spirituelle ou physique, elle doit se faire dans le respect du Bushidô afin de ne jamais s'écarter de la juste voie.

Le mensonge et l'ambiguïté engendrent la méfiance qui est source de tous les désaccords. Dans le Bushidô, le salut est l'expression de cette sincérité, c'est le signe de celui qui ne déguise ni ses sentiments, ni ses pensées, de celui qui veut être authentique. L'honnêteté est une extension de la vision du courage. Le Bushidô tient le mensonge ou l'équivoque pour une égale lâcheté. Bushi no ishigon, parole de samuraï, est une garantie suffisante. Il n'y a pas de différence entre vérité et réalité. Cependant, il peut exister des préséances entre le vrai et le réel. C'est alors que doit intervenir le discernement. Parfois dire la vérité est une cruauté inutile. Cacher une disgrâce, une laideur, une antipathie est un acte de compassion qui obéit à une réalité d'un ordre supérieur à la vérité immédiate. La passion du Bushidô pour la franchise, la loyauté, a sa source dans le courage, mais aussi dans le besoin de limpidité, de pureté, d'harmonie et de cohérence. Tout ce qui entache cet état est déshonnorant.

Les cerisiers sacrés sont tels les neiges éternelles des hautes montagnes du Japon
Leur immuable floraison engendre l'espoir de voir renaître les vies emportées par les vents divins
Fils du soleil levant et gardien de la Terre sacrée du Japon Immortel
Le cerisier restera à jamais le garant de la quiétude de tes poèmes
Soleil Souverain, les Dieux du Vent préservent tes frontières
Et les eaux tranquilles de la mer intérieure emmènent ton fils vers le repos éternel
Privé de tuteur le cerisier n'en poursuit pas moins son chemin vers la lumière
Et si son destin le préserve des ténébres c'est pour mieux éprouver sa quête
SENECA Laurent

Pour illustrer ce principe voici l'éloge funèbre des 47 Rônins d'Asano adressée à leur maître après l'accomplissement de leur devoir :
" Quinzième année de l'ère Genroku, douzième mois, quinzième jour. Nous sommes venus ici afin de rendre hommage à votre mémoire. Nous sommes quarante-sept samouraïs, depuis Oishi Kuranosuke, jusqu'au simple guerrier à pied Terasaka Kichiemon, afin d'offrir avec joie notre vie pour vous. C'est avec révérence que nous annonçons ceci à l'esprit de notre défunt maître. Le quatorzième jour du quinzième mois de l'année passée, notre vénéré maître attaqua Kira Yoshihisa pour des raisons que nous ignorons. Il fut ensuite contraint de se donner la mort, mais Kira vivait encore. Bien qu'après le décret du gouvernement nous craignions que ce complot déplaise à notre maître, nous qui avons mangé sa nourriture, nous pouvons sans rougir répéter ces vers : "Tu ne vivras pas sous le même ciel, ni ne fouleras la même terre que l'ennemi de ton père ou de ton seigneur." De même, nous n'oserions pas quitter l'enfer et nous présenter au paradis sans avoir terminé l'oeuvre de vengeance que vous aviez commencée. Chaque jour qui passait nous semblait aussi long que trois automnes. En vérité, nous avons marché deux jours dans la neige, en ne prenant qu'une seule fois de la nourriture. Même les vieux et les décérpits, les malades et les faibles vinrent donner joyeusement leur vie. Voici la tête de Kira et la lame qui l'a frappée. Que votre haine soit pour toujours assouvie. ceci est la respectueuse déclaration de quarante-sept samouraïs..."